Le père jaloux (Onzième partie)
Son père continuait encor avec ses paroles cinglantes : Ce n’est pas une raison pour te faire sauter par le premier venu, répliqua son père en colère et en plus dans la cuisine. Il y a d’autres endroits pour ça. Si tu voulais avoir une vie sexuelle normale comme tu le dis il fallait te marier et ne pas te conduire comme la dernière des putains. Le mot « putain » suivi du rappel de la mort de sa mère, fit naître chez Valérie un sentiment de colère.
Soudain le comportement de son père lui parut plus clair ; en fait ce dernier venait de lui faire une scène de jalousie. Depuis son accident à l’âge de quarante ans qui l’avait privé de l’usage de ses jambes, son père avait complètement été à sa charge, elle qui à l’époque venait d’atteindre ses vingt ans. Elle s’était alors entièrement investie dans les soins à apporter à son malheureux père, jouant auprès de lui le rôle de fille aimante, d’infirmière dévouée et de femme de compagnie ; et cela au détriment de sa propre vie sexuelle. Alors que ses amies de son âge sortaient s’amuser pour y rencontrer des garçons, Valérie passait ses soirées et ses week-ends auprès de son père handicapé à répondre à ses besoins, les devançant même. Bouleversée d’avoir accablé de la sorte son géniteur, Valérie se laissa tomber aux pieds de ce dernier, et posant son visage sur ses cuisses éclata en longs sanglots douloureux : « Pardonne-moi, implora-t-elle. Aucun homme ne pourra me séparer de toi ». D’abord douloureusement mortifié par la réaction de sa fille, le sexagénaire, lorsque Valérie lui présenta ses excuses en pleurant, sentit la tendresse l’envahir. Attristé de voir sa fille sangloter amèrement il tenta de la consoler en posant une main apaisante sur sa tête, passant avec un certain plaisir ses doigts dans l’opulente chevelure soyeuse.
Sous cette affectueuse caresse paternelle, Valérie sentit son chagrin s’atténuer peu à peu. Appréciant le tendre ballet des doigts affectionnés dans ses cheveux elle demeura immobile, songeant à l’époque heureuse où sa mère trop tôt disparue la caressait ainsi en la prenant sur ses genoux. Longtemps le père et la fille demeurèrent ainsi, sans parler se contentant d’être près l’un de l’autre, de communier en silence, de se rapprocher par la pensée de celle qui vingt ans plus tôt les avait quitté et qui leur manquait toujours aussi intensément. Comme une crampe soudaine lui meurtrissait le coté droit, Valérie remua légèrement pour trouver une position plus confortable, et dans ce mouvement sa tempe vint frôler une raideur qui déformait légèrement le pantalon de son père. Sachant immédiatement la cause de cette rigidité, la jeune femme interpréta instantanément le malaise dont souffrait son géniteur.
Depuis vingt ans qu’elle soignait l’auteur de ses jours lourdement diminué, qu’elle le surveillait, le protégeait avec amour, ses soins médicaux du début étaient devenus peu à peu plus intimes, plus sexuels. Des soins particuliers, que la morale aurait certainement réprouvés, mais que la jeune femme dispensait au malheureux handicapé sans se poser de questions et sans songer que cela était mal. Le bonheur de son père cloué sur un fauteuil dans la force de l’âge passait en priorité pour la jeune femme, avant même son propre bien être. Personne n’aurait pu lui faire admettre que les attouchements sexuels dont elle gratifiait son géniteur étaient condamnables.
Pour elle, cela faisait partie intégrante de l’amour qu’elle portait à celui qui était responsable de sa naissance et qui souffrait dans sa chair. Comprenant que le malheureux handicapé était victime d’une érection instinctive ; érection dont elle en était certainement la cause, par ses cris de plaisir lors de sa voluptueuse chevauché sur les genoux de son trop séduisant voisin. Laura décida pour se faire pardonner d’apporter ses soins au sexagénaire excité, comme elle avait pris l’habitude de le faire depuis vingt ans, chaque fois que le malheureux était victime de ses sens. Posant sa tête sur le bas-ventre de son géniteur, elle frotta tendrement sa joue contre le disgracieux renflement créé par le membre viril gonflé, le caressant avec amour : « Tu vois toi aussi tu as besoin d’amour de temps en temps », murmura-t-elle compatissante.
